Robin Esrock, auteur du livre à succès The Great Canadian Bucket List, se lance dans une formidable aventure dans la province la plus reculée du Canada atlantique.

Tout comme lorsque l’on rencontre une célébrité en chair et en os, j’avoue que je m’attendais à quelque chose d’un peu plus… impressionnant. Pas qu’il y avait quoi que ce soit de mal avec le Ford Escape couleur blanc licorne à l’assise basse, chaussé de jantes argentées étincelantes, doté d’une séduisante calandre et équipé d’une transmission à six vitesses fluide. C’est seulement que je devais prendre possession de cet étalon à Labrador City pour entamer le parcours le plus grandiose de toutes les destinations présentées dans le livre The Great Canadian Bucket List. D’après ce que j’avais lu, pour parcourir la légendaire route Translabradorienne de 1 200 km, il fallait quelque chose s’apparentant davantage à un clydesdale, ce robuste cheval de trait, qu’à un élégant cheval de course. Avec ses nids-de-poule qui écorchent, ses camions de transport qui mitraillent du gravier, ses moustiques assoiffés de sang et ses postes d’essence à 400 km de distance les uns des autres, la Translabradorienne a la réputation de mettre en pièces jusqu’à l’âme d’une automobile. Seule autoroute du Labrador, cette route est tellement isolée que les conducteurs peuvent emprunter gratuitement un téléphone satellite auprès des autorités locales, juste au cas où ils en auraient besoin. Chez le concessionnaire Ford de Labrador City, on n’avait pas l’air inquiet, mais le propriétaire du motel local ne semblait pas du même avis.

« Un Ford Escape avec traction avant? Wow, vous êtes courageux! »

Courageux, mais confortablement installé. Quelles que soient les conditions météo de l’autre côté du pare-brise, j’étais à l’abri dans mon habitacle spacieux, bercé par ma musique de voyage préférée diffusée à l’aide du système d’interconnexion à commande vocale Ford SYNC®, qui m’a permis d’utiliser la radio, le système de navigation et le service par satellite Sirius tout en gardant mes mains sur le volant et mes yeux sur la route.

Robin et son Ford Escape sur la route.
Robin et son fidèle Escape admirent le spectacle le long de la route Translabradorienne

De Labrador City à Happy Valley-Goose Bay

Le premier tronçon de Labrador City à Happy Valley-Goose Bay se résume à bien peu de choses. Fraîchement recouvert d’asphalte de couleur réglisse, il constitue véritablement le paradis des conducteurs automobiles; dans les vallées qui s’étendent sous un ciel énorme, j’ai conduit des heures sans même croiser un seul véhicule. Il y a même une attraction routière insolite qu’on appelle Churchill Falls — la deuxième centrale électrique souterraine en importance dans le monde.

Puis viennent les 600 km de gravier poussiéreux sans fin, ponctués par les équipes estivales de la voirie qui se débattent contre des moustiques de la taille d’hirondelles. Je m’attendais à entendre plus de cliquetis, étant donné les jantes du véhicule, mais l’Escape s’est frayé un chemin sans effort sur le chemin de terre, dévalant rondement la Translabradorienne et laissant sur son passage un nuage de poussière. Les postes d’essence à une seule pompe sont rares, mais compte tenu de l’efficacité de l’Escape, je n’ai pas trop craint de manquer d’essence. La limite de vitesse est de 70 km/h, ce qui m’a semblé trop généreux dans certaines sections et un peu trop conservateur à d’autres endroits.

Icebergs et Battle Harbour

Lorsque j’ai atteint la stupéfiante côte du Labrador, j’ai aperçu des icebergs au loin, voguant sur l’Atlantique glacé. De Cartwright, j’ai pris un bateau qui m’a amené sur la Wonderstrand, une plage de 65 km. J’ai fait une pause de quelques jours à Battle Harbour, un lieu historique où j’ai vu des groupes d’orques, mangé de la morue fraîche pour dîner et goûté à des chicoutés sucrées pour la première fois. En poursuivant ma route sur la Translabradorienne, j’ai avancé ma montre d’une demi-heure en entrant dans le fuseau horaire de Terre-Neuve, où j’ai été témoin de splendides couchers de soleil enflammant l’horizon (il est préférable de contempler le spectacle derrière le volant, où l’on est heureusement à l’abri des mouches noires). Lorsque je suis parvenu à Forteau, où se trouve Red Bay (le plus récent site canadien à être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO), le gravier a fait place à l’asphalte, et tout à coup, j’ai eu l’impression de conduire sur de la porcelaine.

Au volant sur la route route Translabradorienne, sous un soleil couchant
Coucher de soleil sur la route Translabradorienne

Mission accomplie!

J’ai pris des notes des meilleurs moments de cette aventure dans la poussière, dont une épaisse couche couvrait la lunette arrière de l’Escape. Je peux cocher la route Translabradorienne de ma liste des plus beaux endroits à visiter au Canada! Je me suis rendu jusqu’à Corner Brook, fier de cette grande réalisation comme d’une médaille d’honneur — cette aventure constitue aussi bien un fait saillant de mes aventures personnelles que de la performance de mon compagnon de voyage, qui porte bien son nom (en anglais, Escape signifie s’évader). Les chauffeurs de camion klaxonnaient en guise d’approbation tandis que des habitants du coin me demandaient, curieux, comment l’Escape avait réussi à accomplir ce tour de force. Pas de doute : la traversée du Labrador est sûrement l’un des plus étonnants trajets en voiture dans le monde, que tout le monde devrait évidemment mettre sur sa liste des plus beaux endroits à visiter au Canada. Et avec un Ford Escape, l’aventure est encore plus accessible que même les habitants de la région pourraient l’imaginer.

Chroniqueur de tourisme renommé, Robin Esrock @robinesrock a visité tous les territoires et toutes provinces du Canada, vivant les plus belles expériences que ce pays a à offrir. Apprenez-en davantage au http://www.canadianbucketlist.com.